Dans le cadre du « RAC 0 » en optique, la Fédération nationale des opticiens de France (Fnof) et le Rassemblement des opticiens de France (Rof) ont été reçus hier après-midi par la Direction de la Sécurité sociale. Un avis de projet devrait être publié dans les jours à venir. Les syndicats auront ensuite un mois pour apporter leurs commentaires, avant que la Haute Autorité de Santé (HAS) et le ministère de la Santé revoient ou valident la copie.
Acuité fait le point sur les mesures contenues dans l’avis de projet de la DSS à l’heure actuelle :
- La refonte des nomenclatures LPP : deux nomenclatures des codes LPP devraient voir le jour, une pour la prise en charge des paniers de soins « RAC 0 » (classe A) et une autre pour le « marché libre » (classe B). Seule la première serait étroitement liée à un indice de réfraction minimal avec l’obligation de fournir un 1,67 à partir de +/- 4D et un 1,74 à partir de +/- 8D, en verres organiques seulement. A partir de +/- 12D, « le choix de l’amincissement est laissé à la libre appréciation de l’opticien ».
- Les prix des paniers de soins « RAC 0 » : les prix dernièrement annoncés par la DSS seraient de 90€ pour une monture et 2 verres unifocaux, 190€ pour un équipement progressif, traitement antireflet inclus sur les 2 faces du verre. Les remboursements des verres au-delà de +/- 12D pourraient en revanche être augmentés.
- Le plafonnement de remboursement en dehors du « RAC 0 » : si la DSS envisageait de revoir les plafonds de remboursement des verres, avec une baisse de l’ordre de 30% dans le cadre des contrats responsables, il n’en serait plus question aujourd’hui. En contrepartie, le remboursement de la monture serait plafonné à 85€ contre 150€ actuellement, soit une baisse d’environ 43% de la prise en charge. Par cette mesure, la DSS et le Gouvernement mettraient en avant leur volonté de prendre en charge la santé et non l’esthétisme, jugeant que dans une monture il y a 57% de médical et 43% de mode.
- Les conditions de prise en charge particulières : pour les presbytes, la prise en charge de deux équipement en VL et en VP serait conditionnée à une intolérance aux verres progressifs ou multifocaux. La prise en charge des verres teintés serait seulement accordée aux personnes ayant une affection oculaire congénitale engendrant une photophobie. La mention de ces cas particuliers devrait être apportée par les ophtalmologistes sur l’ordonnance.
- Le renouvellement de la prise en charge ne change pas : la limite de renouvellement à 2 ans, imposé par la réforme des contrats responsables, reste inchangée. Elle concerne les plus de 16 ans. Pour les enfants jusqu’à 15 ans, la prise en charge est annuelle. Le renouvellement intervient à la date de délivrance du dernier équipement.
- Le renouvellement anticipé en cas d’évolution de la vue encadré : chaque porteur de plus de 16 ans peut toutefois prétendre à une prise en charge anticipée au bout d’un an, en cas d’évolution de la vue. Si jusqu’à présent, aucune disposition venait encadrer ce renouvellement anticipé, le projet prévoit de le limiter à une variation d’au moins 0,5D de l’addition, ou de la sphère ou du cylindre (pour un verre). Serait également prise en compte : une variation de l’axe de plus de 20° pour un cylindre inférieur ou égal à 1D, 10° pour un cylindre de 1,25 à 4D, et 5° pour un cylindre supérieur à 4D. Enfin, ce renouvellement anticipé ne concernerait que les verres. Les montures resteraient conditionnées à une prise en charge tous les 2 ans. Une mesure qui va dans le sens des annonces de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pour laquelle le côté esthétique de l’optique ne peut être supporté par la solidarité nationale.
- Un double devis : les opticiens se verraient imposer la proposition d’un double devis, comprenant une offre de classe A « RAC 0 » et une offre libre (classe B).
- Un nombre de montures « RAC 0 » imposé : les distributeurs d’optique médicale (physiques ou virtuels) devraient présenter un minimum de 50 montures pour les adultes et 30 montures pour les enfants entrant dans le panier de soins « RAC 0 ». 17 modèles différents pour les adultes et au moins 10 pour les enfants seraient prévus. L’ensemble des montures devraient être exposées, ce qui risque de poser un problème aux opticiens qui se déplacent à domicile, en Ehpad ou en entreprise.
- La garantie et la traçabilité renforcées : pour les équipements du panier de soins « RAC 0 », chaque opticien devrait garantir un remplacement partiel ou total de la monture en cas de casse pendant 2 ans. Les verres seraient également soumis à une garantie d’adaptabilité pendant 3 mois. Enfin, sur la carte de vue remise au patient, les opticiens devraient indiquer plusieurs mesures, comme l’écart inter-pupillaire, le demi-écart et les hauteurs.
- Un label accordé à partir de la satisfaction client : le label envisagé par la DSS pour les opticiens a été redéfini. Il ne serait plus conditionné à un pourcentage de vente d’équipements « RAC 0 » mais à la seule satisfaction des clients. Cette dernière serait jugée à travers un questionnaire envoyé aux porteurs après la délivrance de chaque équipement, par voie postale ou électronique. Il évaluerait l’accueil, la monture et la qualité des verres. En fonction des réponses, des points seraient attribués à chaque magasin pour une durée d’un an.
- Un référencement des verriers pour un « réseau d'Etat » : les verres commercialisés par chaque fabricant devraient être référencés auprès des ministres en charge de la Santé et de la Sécurité sociale, pour aboutir à une prise en charge. Les verres de classe A feraient l’objet « d’un dossier technique permettant d’attester leur conformité » aux paniers de soins « RAC 0 ».
Insistons sur le fait que le texte, qui doit être publié dans les prochains jours, n’est qu’un avant-projet et en aucun cas la réforme définitive. La négociation n’est pas terminée ! Enfin, une concertation autour de la réorganisation de la filière de santé visuelle, axe de travail fixé par Agnès Buzyn en janvier dernier, doit être entamée mi-mai.
Si on prend le cas de verres unifocaux, la DSS a annoncé pour le tarif A un prix moyen de 90€ dont à priori 30€ pour la monture. Cela donne donc un tarif d'environ 30€/verre pour des verres organiques antireflets.
J'ai du mal à imaginer que beaucoup de français choisissent d'acheter des verres au tarif B peu ou pas remboursés face à ces verres "gratuits". Je vous laisse imaginer la chute du panier moyen que cela va entrainer dans vos magasins. La faillite est quasiment garantie. C'est un véritable assassinat de notre profession.
Et on en revient au sujet majeur sur lequel la FNOF essaye depuis longtemps d'alerter la profession : il faut expliquer que nos prix incluent une part importante de prestation sans laquelle un équipement visuel ne peut pas être qualitatif. Le forfait rac zero supprime la rémunération de ce travail et la liberté de l'exercer. Il nous condamne au hard discount sans prestation ou à la faillite.
Il faut alerter la population et nos élus du DANGER MAJEUR que représente cette réforme telle qu'elle a été organisée par le gouvernement. La santé visuelle des français sera clairement dégradée.
Ou alors la messe est déjà dite depuis longtemps et tout le reste n'est que bla-bla.
La dictature de l'établissement assurance a dit!!
A l'image du "Président" et de son premier sinistre : renforcer et étendre le clivage entre l’élite et les prolos ...
Il est indispensable d'être ferme sur ce point d'autant que les montures Macron risque d'être particulièrement fragiles.
J'applique cette politique dans mon magasin: s'il s'agit d'un défaut (soudure, laque etc... ) remplacement gratuit.
S'il s'agit d'une casse (chute, client qui s'assoie, choc, chien.... ) la monture est facturée.
Tout objet de la vie courante est garanti contre les défauts pas contre la casse...
Pour la Fraternité, c'est celle de l'ENA et d'HEC qui en sort victorieuse.
Je pense que les membres du gouvernement changent leur lunettes régulièrement payer par leur primes diverses et variables non déclarées.
La médecine à deux vitesse appartient au XXI siècle.
Les mutuelles deviennent des assureurs, aujourd’hui ils calculent le risque.
Les opticiens se veulent et sont de plus en plus TRANSPARENTS quant aux OCAM, leurs gestions, leurs comptes, les garanties des contrats sont elles OPAQUES comme toujours ...mais cela ne semble pas poser de problèmes aux hautes instances. On tape sur ceux qui ont le moins de pouvoir et le moins d'interets : les opticiens, les dentistes, les audio...
A quoi va servir une mutuelle. ?
Les écarts pupillaires ne sont ils pas des données personnel ?
Je ne vois pas le rapport!... sauf si bien sur ce sont les OCAM qui financeront (indirectement) le projet de la SS ( au "BUDGET 0")...il faut bien leur faire des cadeaux en contre partie...
Au final : ce sont toujours les même qui y perdent : le consommateur final qui travaille, crée de la richesse et cotise toujours plus pour des garanties de moins en moins efficace.
On paie ces lunettes, comme on paie son téléphone
Il faut cesser de se plier aux exigences d’un état debile soumis aux OCAM
Arretons le tiers payant
A trop donner, services après services nous nous sommes fait asservir
Aurions nous idée de rentrer dans un Apple store et demander le remplacement gratuit de l’ecran cassé ?
Nous sommes des commerçants après tout et bien agissons comme des commerçants
Je refuse de me plier aux exigences debîles d’incompetents
La fabrication française doit perdurer
Changeons notre image
Que les consommateurs comprennent que les mutuelles ne servent que pour les soins hospitaliers et les médicaments